Légende d'Angkor

Légende d'Angkor
8888888888888888888888888Autrefois, en 544 de l'ère bouddhique (an 1 de l'ère chrétienne), année du Singe, Néak Vong et Néang Téav,couple d'origine roturière possédant des mérites divins, âgé de trente et un ans, fut ondoyé et monta sur le trône. Le mo¬narque prit le nom de règne de Préah-Bat-Sâmdach-Tévavong-Aschar, c'est-à-dire « Merveilleux-Souverain-de-la-Lignée-Divine». Il s'installa dans le palais royal de Mohanokor, la « Grande-Cité».
Le
couple royal régna paisiblement sans qu'aucun en¬nemi n'osât venir le déranger. Les mandarins, les brahmanes ainsi que le peuple vivaient calmement grâce aux mérites merveilleux et à la puissance des souverains.
Le roi
Tévavong-Aschar n'avait aucun enfant. Il ordonna à la reine d'observer les préceptes bouddhiques afin d'obtenir un fils. Elle accepta et prépara le rituel de demande d'un fils.
Au bout d
e sept jours, la reine rêva qu'Indra, le suprême roi des dieux, descendait du ciel, venait toucher son ventre et lui offrait une guirlande de fleurs. Ensuite, il était retourné à sa résidence céleste. A son réveil, elle apprit à son auguste époux ce rêve. Le grand monarque fit venir un devin pour l'interpréter. Ayant réfléchi, il dit :
- La reine va avoir un fils comblé d'une puissance qui vaincra tous les ennemis de toutes les directions.
Peu de temps
après, la reine fut enceinte. Quand la grossesse fut à terme, elle donna naissance à un fils d'une grande beauté. Le roi, l'excellent père, lui donna le nom de Kétoméaléa, c'est-à-dire « Lumineuse-Guirlande-de-Fleurs », en raison du songe de la reine.
Q
uand Kétoméaléa eut grandi et atteint l'âge de six ans, Indra ordonna au dieu Méatolei de prendre le char divin Pichayon pour aller le chercher et le conduire au Ciel des « Trente-Trois ». Kétoméaléa, en effet, dans l'existence an¬térieure, avait été le fils d'Indra : celui-ci l'avait envoyé re-naftre en être humain afin qu'il protégeât la religion boud¬dhique et qu'il prft soin du royaume dans la gloire, la pros¬périté et la paix.
A la
tombée de la nuit, le dieu Méatolei monta sur le char divin Pichayon, descendit du ciel, entra dans le palais et prit avec soin dans ses bras Kétoméaléa. Puis il le déposa dans le char divin Pichayon qui s'envola. Il l'emmena devant Indra au Ciel des « Trente-Trois ».
Le matin, le roi Tévavong-Aschar et la reine se réveillèrent et ne virent pas leur fils. Ils furent très affligés, ils firent venir un devin pour faire des calculs magiques. Celui-ci prédit :
- En ce qui
concerne l'auguste enfant qui a disparu, il suffit que le peuple, les mandarins, les brahmanes de tout le royaume observent les préceptes bouddhiques pendant sept jours ; alors on retrouvera l'auguste enfant dans le palais.
Le souverain
ordonna donc à toute la population du royaume, pour retrouver son auguste fils, d'observer les préceptes bouddhiques. Le peuple tout entier fit selon l'ordre du roi.
Qu
ant à Indra, le suprême souverain, il enseigna à Kétoméaléa les dix devoirs royaux. Il le baigna sept fois par jour pendant sept jours dans un bassin parfumé de son jardin. Ensuite il invita sept brahmanes divinisés à venir réciter des formules magiques et asperger d'eau merveilleuse Kétoméaléa afin qu'il eût une vie de plus de cent ans.
Tous ces rituel
s achevés, Indra ordonna au cocher d'atteler l'auguste char divin, y fit monter Kétoméaléa et survola ses palais pour que celui-ci en appréciât toute la beauté.
Quand Kétoméaléa eut regardé en détail les palais d'Indra, le cocher l'emmena visiter encore les écuries cé¬lestes.
Ensuite, In
dra lui demanda :
- Est-c
e que tu es content de ce que tu viens de voir ?
-
J'en suis émerveillé, répondit-il.
Indra a
jouta :
-
Bien ! Je te confierai le royaume du Cambodge.
P
our cela, si un de mes palais que tu viens de voir te plaît et si tu souhaites en faire bâtir un au Cambodge de la même beauté, tu n'as qu'à en formuler le v½u. Je vais t'envoyer un architecte afin qu'il le construise immédiatement dans ton royaume. Le jeune prince, très émerveillé et très impressionné par Indra, réfléchit :
- I
l ne faut pas que je fasse construire dans mon royaume un palais plus beau ou aussi beau que les palais d'Indra. Cela risque de provoquer le mécontentement de ce dernier. Kétoméaléa, ayant ainsi réfléchi, répondit :
- J'
aimerais faire bâtir un palais qui ait une beauté comparable à celle de vos écuries.
Le souverain de
s dieux dit en souriant :
- La bea
uté de mes écuries te plaît-elle ?
Indra convoqua a
lors Pisnouka. Celui-ci était le fils de la danseuse céleste nommée Tip-Soda-Chan, « Fille-Divine-de-la-Lune » et du vieux Lim-Séng ; sa mère l'avait emmené au ciel chez un dieu, le grand maître des arts plastiques et de l'architecture. Ce jeune homme s'était efforcé d'apprendre à dessiner, à sculpter, à jouer de la musique auprès de son divin maftre. Ayant assimilé toutes les matières enseignées par lui, il savait construire un bateau pouvant se déplacer sur la terre ferme, sculpter sur l'argent et sur l'or, faire fondre tous les métaux et mélanger de l'eau avec de l'argile pour les transformer en pierre...
Quand Pis
nouka fut arrivé, Indra dit :
- To
i, tu es de naissance humaine, tu ne peux pas demeurer éternellement au paradis. Je vais t'envoyer au Cambodge et tu y bâtiras, pour mon fils Kétoméaléa, un palais aussi beau que mes écuries. Quand tu en auras achevé la construction, je descendrai présider la cérémonie du couronnement de mon fils afin qu'il monte sur ie trône.
Au
bout de sept jours, grâce à la puissance des mérites des habitants de tout le royaume qui avaient suivi les préceptes bouddhiques, Indra ordonna à Méatolei d'atteler son char divin et d'emmener Kétoméaléa et Pisnouka en direction du Cambodge. Le roi Tévavong-Aschar et la reine furent très contents de revoir leur fils.
P
isnouka commença à construire le palais d'Angkor-Vat. La construction terminée, il peignit chacun des bas-reliefs des différentes couleurs qui leur convenaient afin que la beauté de ce palais fût comparable à celle des écuries d'Indra.
K
étoméaléa, très satisfait de ce palais, combla de lou¬anges Pisnouka et lui demanda d'en bâtir beaucoup d'autres, décorés également de superbes bas-reliefs.
Indra, le su
prême souverain, accompagné en cortège par de nombreuses divinités, descendit dans le monde inférieur afin de donner l'ondoiement à son auguste fils et de lui conférer le nom de sacre de Arittha-polapéa-hano, c'est-à-dire « Destructeur-puissant-des-ennemis ». Enfin il donna à notre pays khmer le nom de Kampuchea (Cambodge) qui reste encore de nos jours.
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# Posté le dimanche 26 août 2007 16:29

Modifié le mardi 16 décembre 2008 07:06

1975-1979

Les Khmers Rouges

En 1954, à la fin de la guerre d'Indochine, alors que la plupart des militants communistes se réfugiaient au Viêt Nam du Nord, un certain nombre d'entre eux décident de résister au régime du Prince Sihanouk.

La plupart des chefs de ces partisans ont fait leurs études à Paris. Par exemple, l'un des principaux dirigeants de la résistance, Khieu Samphan, a soutenu en France sa thèse dans laquelle il prônait un développement autarcique du Cambodge, fondé sur l'agriculture. Il écrivait que les citadins n'étaient que des parasites qu'il fallait affecter aux champs et aux usines.
L'histoire ne dit pas si il a obtenu son diplôme grâce à cette brillante théorie.

Les opposants au régime officiel constituent, à partir de 1963, des maquis autour d'un chef, Saloth Sar, dit « Pol Pot ».
Six ans plus tard, des paysans chassés par les bombardements américains sur les régions tenues par les opposants viennent grossir leurs rangs.

A partir de 1970, le prince Sihanouk est renversé par un coup d'état proaméricain du maréchal Lon Nol.
Ce dernier réclamera en 1975 lors du siège de la capitale par les Khmers une aide financière aux américains pour tenir tête aux opposants. Cette aide de 222 millions de dollars sera refusée par le Congrès américain.

Exilé en Chine, le prince Sihanouk apporte sa caution à ses anciens ennemis, les Khmers.

Malgré tout, les Khmers rouges éliminent dans les régions qu'ils contrôlent les partisans du prince puis les exilés revenus du Viêt Nam, pourtant également communistes.



L'Angkar

Le noyau militaire du mouvement, l'Angkar qui signifie « L'Organisation », exige une discipline aveugle. Sa réputation de cruauté se répand très rapidement.
Les Khmers rouges prennent le pouvoir au Cambodge en avril 1975, dans un pays dévasté par la guerre civile.
Ce pays a reçu en trois ans trois fois plus de bombes américaines que le Japon pendant la Seconde guerre mondiale.

Pol Pot dirige le gouvernement. Dès lors les frontières se ferment et une expérience démentielle commence.

Immédiatement, toutes les villes doivent être évacuées. Un missionnaire français rapporte ces propos d'un commissaire politique :

« Il faut que les gens apprennent qu'ils naissent du grain de riz. En suant pour défricher, pour semer, planter, récolter, l'homme connaît la vraie valeur des choses. La ville est mauvaise, non pas les gens : car les gens sont réformables, mais pas la ville ; c'est en ville qu'on trouve l'argent et la corruption ».

Sur cette base incroyable, tous les signes d'une société dite décadente sont abandonnés : vêtements de couleur, machines à écrire, électrophones, radios, automobiles, télévisions, écoles, postes, eau courante et jusqu'aux hôpitaux et aux marchés.



Retour à la préhistoire

Le pays est ramené à l'époque du Néolithique. Toute la population est employée à la riziculture et à des travaux d'irrigation épuisants.

Dès l'âge de huit ans, les enfants travaillent 10 heures par jour pour un bol de soupe et deux bols de riz par jour.

Les organismes épuisés et sous-alimentés ne résistent pas à la maladie. La malaria fait rage et aucun médicament ne doit être demandé à l'étranger.

La vie privée n'existe plus et les familles sont séparées.

Témoignage d'un rescapé des camps :

Depuis le jour où il a quitté Phnom Penh jusqu'à son passage en Thaïlande, l'histoire de Pin Yatay et des siens est une suite de déplacements, de labeur forcé, de privations et de drames. Ils vont d'un " karatan " (chantier de travail) à l'autre, dans un pays qui en est couvert, selon Radio-Phnom-Penh. Homme de bureau, Pin Yatay s'initie aux travaux de la terre dans le village de Koh-Tom, au sud de la capitale. C'est un village du " peuple ancien " qu'il convient donc de " purifier " de ses " souillures impérialistes ", " capitalistes ", " coloniales " et " féodales ". " C'est un peuple inférieur, nous étions tout juste des bêtes de somme ".
« Chaque famille se construit une paillote de fortune que les pluies de la mousson transpercent de juin à octobre. Le taux de mortalité est élevé. Entre cinq et dix personnes par jour. »



Une extermination organisée

En dehors des dirigeants, ceux qui ont été en contact avec l'Occident sont éliminés. Porter des lunettes c'est-à-dire avoir l'air d'un intellectuel est synonyme de condamnation à mort immédiate.

Pour survivre, les enfants doivent dire qu'ils étaient trop pauvres pour aller à l'école. L'Angkar a le droit de vie et de mort sur chacun.

Par souci d'économie, les exécutions se font à coup de manche de pioche ou par étouffement dans un sac en plastique. Le régime créé une milice constitué de jeunes paysans, des enfants qui n'ont rien connu d'autre que la guerre et la torture.
Endoctrinés, ces enfants doivent être, selon le régime, les seuls survivants.

Selon Pol Pot, « il suffit de 1 à 2 millions de jeunes Khmers rouges pour faire le Cambodge de demain ».
Exécutions sommaires et goût des spectacles sanguinaires, la torture est devenu un véritable sport national.

Le Cambodge ne fait que le tiers de la France. Avant l'arrivée des Khmers, la population était d'environ 9 millions d'habitants, à 90% Khmers.
Entre 1975 et 1978, plus de 300 000 personnes ont été exécutées de manière individuelle ou collective et 2 à 3 millions de personnes sont mortes de maladie, de privation ou des sévices.



Le Cambodge libéré

Les Vietnamiens prennent Phnom Penh, la capitale, le 7 janvier 1979. Pol Pot s'enfuit à l'étranger devant l'avancée des troupes en avril. Il sera condamné à mort par contumace pour génocide en août 1979.
La sentence ne sera jamais exécutée. Il meurt de sa belle mort au Cambodge en mai 1998 après s'être retranché dans un des derniers maquis Khmers rouges.

Le cauchemar n'est pas fini. La famine règne dans le pays. La Croix-rouge met en place un vaste programme d'aide pour sauver plus de 2 millions de personnes dans une situation critique.
Le Viêt Nam n'a retiré ses troupes du Cambodge qu'en 1990. L'aide tardive des Etats-Unis permet un léger espoir.
Cependant, il faudra plusieurs générations pour que les horreurs de ces 4 ans s'estompent dans la mémoire de la population.
Le Cambodge reste l'un des pays le plus pauvre au monde. Mines et bombes, souvenirs de tant de combats, continuent à mutiler et à tuer.



# Posté le lundi 27 août 2007 11:14

Modifié le mardi 16 décembre 2008 07:05

Fête des Eaux

Fête des Eaux
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La Fête des Eaux commémore les grandes batailles fluviales, honore le Bouddha et le fleuve du Mékong. Deux sources différentes indiquent l'origine de cette fête. La première raconte qu'au XIIe siècle, le Roi Jayavaraman VII fît la guerre contre les Chams qui avait envahi le Royaume. Les batailles se faisaient alors en pirogues sur le fleuve de Mékong. Le Roi gagna et en souvenir de cette victoire il organisa des courses de pirogues toutes les années sur le fleuve. La deuxième hypothèse explique que l'on célèbre cette fête pour remercier les génies des eaux qui donnent l'eau pour l'agriculture.

La Fête des Eaux a désormais lieu chaque année sur trois jours du 14 koet et 15 koet au 1er rauch du mois Kadoek, (selon le calendrier khmer) devant le palais royal de la capitale. Elle est marquée par la course de pirogues qui se déroule sur le fleuve de Tonlé Sap et Bandet Pratip, le défilé des chars de parade sur les bateaux illuminés pendant la nuit après la course. Les embarcations représentent des ministères, des organisations importantes, des sociétés privées... Une autre tradition est de jeter (« Amboc » en khmer) dans la bouche « Ak ambok » (une sorte de riz sec) en saluant la lune (« Sampeach Preach Khai »), le deuxième jour de la fête au moment de la pleine lune à minuit.

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# Posté le lundi 27 août 2007 12:08

Modifié le mardi 16 décembre 2008 07:04

Bayon

Bayon
Le Bayon, centre géométrique d'Angkor Thom, se trouve à 1,5 km de la Porte sud de cette ville et à 3,250 km de l'allée occidentale d'Angkor Vat.

Ce Temple n'est pas entouré comme les autres monuments d'une véritable enceinte, mais on peut penser que celle-ci est constituée par le haut mur qui entoure Angkor Thom, avec ses quatre portes monumentales situées exactement sur les deux grands axes du Bayon. Ce qui caractérise ce monument, ce sont ses tours à visages, façonnés à une grande échelle, et ses bas-reliefs des 2e et 3e enceintes qui fournissent de nombreuses informations sur la vie quotidienne.
On ne compte plus aujourd'hui que 37 tours, mais on pense qu'elles devaient être plus nombreuses, peut-être 54 avec 216 visages.

Le Bayon est le Temple d'état du roi Jayavarman VII. Véritable panthéon, il accueillait les images des différents dieux qui étaient alors vénérés dans l'empire khmer. Bien que de hauteur relativement faible, on peut assimiler l'ensemble du monument à un Temple montagne, car il représente aussi le mont Meru.

Le Temple se compose de trois terrasses. La première, surélevée de 1,50 m en moyenne par rapport au sol extérieur, forme un quadrilatère d'environ 125 m sur 136 m à redans au droit des gopura, des pavillons d'angle et des portes annexes. Elle supporte la 3e enceinte qui constitue une galerie, dite galerie aux bas-reliefs extérieurs, de 4,60 m de large. Une cour périphérique, d'une largeur moyenne de 17 m, entoure la seconde plate-forme bordée par une nouvelle galerie aux murs sculptés, galerie aux bas-reliefs intérieurs. Large de 68 m et longue de 78 m, elle n'est qu'à 1,30 m au-dessus du niveau de la première terrasse. La troisième plate-forme est en forme de croix grecque à redans. Ses galeries limitent la 1re enceinte. Sa hauteur n'est que de 4,60 m par rapport au sol de la cour périphérique. Le centre de la croix supporte l'imposante tour centrale.

On aborde le Bayon par le côté est, Une première chaussée dallée de grès, de 27 m de large sur 75 m de long, est légèrement surélevée par rapport au sol. Elle possède sur chacun de ses côtés nord et sud deux escaliers conduisant à un bassin large de 17 m et long de 44 m qui, autrefois, était bordé de grès. Au centre de l'entrée, une marche dans l'axe du monument permet d'atteindre une deuxième chaussée superposée à la première. Large seulement de 6 m, elle s'évase devant le gopura est, Dos naga-balustrades bordaient ces deux chaussées.

La 3e enceinte, de forme rectangulaire, repose sur la surface d'un cadre plate-forme de 10 m de large qui entoure le centre du monument. Ce cadre est limité, côté intérieur, par un mur de 4,50 m de haut, portant les bas-reliefs, et sur l'extérieur, par une sorte de déambulatoire qui se développe devant les piliers et se raccorde à la chaussée d'accès est. La double rangée de piliers forme une succession de galeries, de 445 m de long environ, interrompues sur les deux axes principaux par des gopura et, à chaque angle, par un pavillon. Gopura et pavillons sont en forme de croix, pratiquement identiques. La couverture des galeries, aujourd'hui disparue, prenait appui sur le mur et sur les premiers piliers : elle était en encorbellement. Une demi-voûte surmontait le passage entre les deux piliers. Les porches qui précédaient les gopura et les pavillons d'angle étaient couverts en berceau, alors que la partie centrale, au croisement des galeries, était surmontée de voûtes d'arête.

L'intérêt de cette succession de galeries, qui s'allongent sur près de 300 m, vient des bas-reliefs sculptés le long de ses murs sur une hauteur de 3,50 m environ. On trouve aussi quelques images sur certaines parties des parois des gopura et des pavillons d'angle. Partant du gopura est et se dirigeant à gauche vers le sud, on constate que ces décors représentent, en grande majorité, des scènes de bataille, mais on y rencontre aussi, notamment sur les côtés de la partie sud-est, des scènes qui représentent des moments de la vie de tous les jours.

L'accès à la 2e enceinte se fait normalement par les gopura de la 3e enceinte, mais on aura remarqué que les murs aux bas-reliefs sont percés, en certains endroits, de petites portes, axées en fait sur les gopura et les pavillons d'angle de la 2e enceinte. Celle-ci repose sur une terrasse à redans surélevée, de 75 m de large sur 85 m de long. Elle supporte une seconde plate-forme légèrement en retrait, surélevée de 1,30 m par rapport à la cour périphérique. Le plan de ce niveau est un peu complexe, car il fait intervenir des courettes intérieures, des pavillons et des croisements de galeries qui brouillent le côté généralement linéaire des plans khmers. Ces quatre courettes, situées à l'intérieur des angles de la 2e enceinte, donnent un faible jour aux galeries qui les entourent.

La 2e enceinte se compose d'une triple galerie interrompue par des pavillons de passage et des pavillons d'angle cruciformes, souvent jouxtés de petites salles qui créent un plan d'ensemble carré. Pavillons de passage et d'angle sont surmontés de tours à visages.

La triple galerie se compose d'une partie sur l'extérieur avec piliers et mur aveugle, d'un passage médian bordé, d'un côté par le mur commun avec la partie extérieure, et de l'autre, par une succession de fenêtres et de portes. La troisième partie, vers l'intérieur, constituée par une allée sur piliers, limite la courette intérieure.

Sur le côté opposé au pavillon d'angle, on trouve relié aux autres galeries, un nouveau pavillon surmonté d'une tour à visage. Ces trois galeries sont couvertes par une voûte centrale en encorbellement et par deux demi-voûtes.

Cinq escaliers permettent d'accéder à la terrasse de la 1 ère enceinte. Après avoir franchi une hauteur de 3 m, on arrive au niveau de la dernière terrasse, en forme de croix grecque redentée, bordée de naga-balustrades. Le centre de cette terrasse est occupé par un massif de pierre imposant. Autour de ce massif, trois tours sanctuaires à visages sont situées sur l'axe nord-sud et sur le côté ouest.

Le massif de pierre de la tour centrale, encore appelé sanctuaire central, a pratiquement la forme d'un cercle de près de 20 m de diamètre. Le centre du sanctuaire est constitué d'une cella ronde de 4 m de diamètre, ouverte à l'est et à l'ouest, et entourée d'un couloir circulaire. Le sanctuaire se poursuit en hauteur par une succession de ressauts dégressifs, avec fenêtre à barreaudages et massifs de pierre à visages, au-dessus desquels est posée, sur une sorte de plateau circulaire, une rotonde dont le haut, point culminant du monument, se trouve à 43 m au-dessus du sol extérieur. Aujourd'hui très dégradée, cette terminaison du Temple devait aussi, à l'origine, porter des visages.

En 1933, à la suite d'une fouille effectuée au droit de la cella du sanctuaire central, on a retrouvé, à 14 m de profondeur, les restes brisés d'une grande statue de pierre de 3,60 m de haut. Il s'agirait de la représentation en Bouddha Roi, de Jayavarman VII, le constructeur du Bayon, assis, jambes repliées sur le corps lové du naga. Reconstituée, cette statue a été placée sous abri, à 100 m à l'est du Bayon, sur le côté droit de la route qui conduit à la Porte des Morts, à Angkor Thom.

# Posté le lundi 27 août 2007 22:30

Modifié le mardi 16 décembre 2008 07:00

Story of Cambodia


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Il était une fois...

Il y a
2.000 ans, un jeune prince brahmane indien, Kambou, arrive près des rivages d'un pays où règnent de très belles reines, le Cambodge. Un bateau l'attaque : il s'agit de la jolie princesse du coin. Le prince courageux transperce d'une flèche la barque assaillante. La princesse non seulement se rend, mais se jette dans les bras du valeureux prince, l'épouse et le fait roi. A l'époque, le pays ne représente qu'un immense marécage. Alors le beau-père, le roi des Nagas, décide d'offrir son cadeau de mariage : ayant pris son souffle, il boit tout le surplus d'eau de la gion. Le Cambodge (Kamboudja : le royaume des fils de Kambou) était né.

L
a dynastie des « varman », les « protégés des dieux »

A
u VIe, Suryavarman, « protégé du Soleil ». accède au trône. Sous son règne, la suzeraineté du pays rayonne jusqu'au nord du Siam, au centre du Laos et en Malaisie. Yashovarman fait bâtir sa nouvelle capitale à deux pas du grand lac, sur le site de Phnom Bakheng. C'est le premier Angkor. Suryavarnam II, l'homme qui éleva Angkor Vat, portera l'empire à son apogée.

A
u XIIe siècle, c'est le bouddhisme qui s'implante, sous le rêgne de Jayavarman VII. Ce roi que l'on dit lépreux fera bâtir le Bayon et la ville d'Angkor Thom. Cela signifiait néanmoins le début du déclin de cette civilisation. Une rivalité avec le royaume thaï d'Ayuthaya et le désir de se rapprocher de la mer pour commercer avec la Chine feront que les Khmers déménageront leur capitale à Phnom Penh.

Par
la suite, c'est une longue succession d'invasions siamoises, laotiennes et vietnamiennes. C'est ainsi que le Cambodge perdra le Delta du Mékong et de nombreux territoires.

La pé
riode coloniale

En
1884, les Cambodgiens, contents de se « libérer » des Vietnamiens et autres Thaïlandais, tombent entre les mains des Français. Ceux-ci récupèrent une partie à la Thaïlande et dépoussièrent les ruines d'Angkor. Les rois kmers se succèdent : Norodom (1860-1904), Sisowath (1904-1927), Monivong (1927-1941). A la mort de ce dernier, le gouverneur général français de l'Indochine place sur le trône le prince Norodom Sihanouk, âgé de 19 ans. Il ne s'avèrera pas aussi malléable que prévu !

L'in
dépendance et les fameux Khmers rouges

A
près la seconde guerre mondiale et un bref passage sous contrôle japonais, Sihanouk partira en croisade pour l'Indépendance de son pays qu'il obtiendra à la Conférence de Genève en mai 54. Malheureusement, Sihanouk doit faire face aux Américains, furieux de sa non-coopération dans le conflit vietnamien et aux tristement célèbres Khmers Rouges de Paul Pot.
La situation se dégrade et en mars 70, le Général Lon Nol, associé au prince Sisowath, renverse Sihanouk en voyage en France. Ce dernier doit se réfugier en Chine. Pékin soutient déjà les Khmers Rouges. Ceux-ci, aidés des Vietnamiens, vont prendre Phnom Penh le 17 avril 1975. Pol Pot proclame l'« Année zéro » et transforme le Cambodge en une coopérative agraire maoïste. Les citadins sont envoyés dans les champs, les intellectuels assassinés. On parle de 2 millions de victimes ! En 1978, le Vietnam envahit le Cambodge et renverse Pol Pot. En septembre 1989, le Vietnam en crise se retire du Cambodge pour réduire son isolement international. Un plan des 5 membres permanents (USA, Russie, Chine, France et UK) prévoit que le CNS (Conseil National Suprême), coalition des 3 factions, sous la présidence de Sihanouk, va mettre sur pied des élections démocratiques. Depuis le 5 juillet 1997, c'est Hun Sen qui occupe seul le pouvoir.
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# Posté le lundi 27 août 2007 22:52

Modifié le mardi 16 décembre 2008 06:54